CETJAD – Écoutons leur témoignage !

Alors que s’achèvent les célébrations de la libération d’Auschwitz voilà 80 ans, et que d’autres cérémonies commémorant la fin des camps de concentration et d’extermination jalonneront l’année 2025, les Témoins de Jéhovah, qui furent victimes du fanatisme nazi, apportent leur témoignage.

Interdits en Allemagne dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler, les quelques centaines de Témoins d’Alsace-Moselle furent l’objet de poursuites impitoyables peu après que ces régions ont été annexées au IIIe Reich en 1940.

Des enfants qui n’appartenaient pas à la Jeunesse nazie, qui de plus ne chantaient pas les hymnes du parti ou ne récitaient pas des poèmes à la gloire du Reich furent non seulement expulsés des écoles, mais encore enlevés à leurs parents et envoyés en Allemagne dans des centres de rééducation. Ainsi Simone Liebster, 12 ans, qui, pour avoir refusé de faire le salut allemand (Heil Hitler), fut enlevée à sa mère et envoyée dans l’établissement de rééducation pour jeunes filles de Wessenberg en Allemagne où elle arriva le 9 juillet 1943. Sa mère fut arrêtée peu après, le 24 août 1943, et incarcérée dans le camp de Vorbruck-Schirmeck, alors que son père croupissait à Dachau depuis décembre 1941.

Des hommes et des femmes furent arrêtés, parfois à la suite d’une dénonciation, pour appartenance à une organisation interdite et pour leur refus d’adhérer à une des nombreuses organisations nazies. Certains furent envoyés dans le camp de concentration de Natzweiller-Strutthof et d’autres déportés en Allemagne dans les camps de Dachau et Buchenwald notamment.

Les difficultés augmentèrent lorsque le service du travail pour le Reich devint obligatoire. Ceux et celles qui s’y opposèrent furent arrêtés, emprisonnés ou encore détenus dans le camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck.

Le point culminant fut atteint en 1942 avec l’incorporation obligatoire des jeunes Alsaciens et Lorrains sous le drapeau allemand. Les Témoins affrontèrent la situation avec courage, le payant parfois de leur vie. Ce fut le cas du mulhousien Marcel Sutter. Il ignora volontairement sa convocation au centre de recrutement avant le 15 février 1943 pour accomplir son service militaire. En conséquence, il fut arrêté et envoyé en Bohême où il tomba malade. Après quelques semaines d’hospitalisation, il réaffirma son refus de porter les armes. Il fut condamné à mort le 8 octobre 1943, et guillotiné à la prison Roter Ochse de Halle/Saale le 5 novembre de la même année.

Dans son combat pour les droits de l’homme, Albert Camus, Prix Nobel de littérature, philosophe et journaliste français, écrivit : « Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est l’obstination du témoignage ». Les Témoins de Jéhovah apportent leur témoignage en leur qualité de témoins de l’histoire.

Persécutés par un régime totalitaire au motif de leurs convictions, ils figurent au nombre des victimes dont les récits soulignent aujourd’hui encore l’importance du respect des droits de l’homme y compris le droit à la liberté de religion.